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 Werner Herzog against the world.

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Anorya
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MessageSujet: Werner Herzog against the world.   Mer 7 Avr - 8:16

Vu que j'ai un coffret de films d'Herzog, j'ouvre un petit topic où il y aura à boire et à manger sur le réalisateur, ses films mais aussi ses documentaires et court-métrages, toujours uniques en leur genre. En fait, on repère à mille km un truc d'Herzog quand on voit juste 5 minutes. C'est... à part. Même si le monsieur fait un film censément plus "hollywoodien" style Bad Lieutenant (au cinoche actuellement) ou le truc avec Bale (lui même inspiré d'une histoire vraie que Herzog a déjà tourné en documentaire en plus ! Shocked ), on reconnait du Herzog. Donc here we go.

Et n'oubliez pas de mettre vos impression Herzogiennes, je suis sûr que vous avez tous au moins vu ce film culte qu'est Aguirre par exemple. ^^


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Je remet ma chro de "coeur de verre" ici avec image et une nouvelle chro :


Coeur de Verre (Herzog - 1976)


Un village dont l'unique richesse est l'industrie verrière sombre dans la dépression. Mühlbeck, le contremaître de l'usine, vient de décéder, et il était le seul dépositaire du secret du verre-rubis, ce verre d'une étonnante couleur rouge sang. Quelques paysans demandent de l'aide au berger Hias, qui, assis sur le rocher, murmure des prophéties. Plusieurs tentatives de façonner le précieux verre échoueront. Le village semble courir à sa perte et Hias annonce un cataclysme imminent...


Je débute une petite rétrospective personnelle de films d'Herzog totalement dans le désordre en ce moment, l'occasion pour voir ou revoir (comme Aguirre ou L'énigme de Kaspar Hauser) des oeuvres singulières. Car, chaque film d'Herzog est un ovni en soi. Le cinéaste, autodidacte, s'est formé tout seul et entend bien que ce soit une expérience visuelle et sensitive à presque quasiment chaque nouvelle création. Coeur de Verre comme Aguirre ou Fitzcarraldo n'y échappent pas. Ici, il semblerait qu'Herzog ait hypnotisé quasiment tous ses acteurs (sauf un... Encore que dans l'un des meilleurs moments vers la fin, on sent bien qu'Hias est finalement lui aussi comme en transe) afin de les transformer en pantins étranges, désarticulés, aux limites de la folie (tous les films d'Herzog traitent de la folie humaine. Même ses documentaires au fond. Qui serait assez fou pour vivre avec des Grizzlys au péril de sa propre vie ? cf Grizzly man). On obtient un film étrange, à deux à l'heure (même chez Bresson ça va plus vite Shocked :mrgreen: ) avec des acteurs aux teints blafards, transpirant constamment et les yeux injectés de sang (ce qui renforce l'aspect franchement inquiétant de malaise en voyant le film). Le film est lui-même parsemé de visions grotesques (surtout dans l'utilisation des "acteurs" qui ont en plus de ces tronches, dignes des tableaux de Brueghel) qui côtoient le sublime (notamment la photographie du film, volontairement conçue pour ressembler à certaines peintures à l'huile du XVIIe siècle, renforçant --en plus de l'utilisation constante des plans fixes-- l'idée de scènes comme autant de tableaux). Evidemment tout n'est pas parfait et le spectateur navigue entre une certaine fascination (les scènes de verrerie formidables et dans la pure veine documentariste d'Herzog. Ceux qui ont voyagé à Murano (*) par exemple et observé la fabrication d'objets en verre doivent ressentir la même fascination que moi je pense) parfois baignée d'un peu d'ennui en dépit de moments passionnants typiquement Herzogiens où le récit sort de ses gonds (Hias qui prédit l'avenir finit par décrire des choses qui se dérouleront bien plus tard.... au XXe siècle !).

Une oeuvre austère, exigeante mais intéressante en dépit d'une facture complètement expérimentale qui peut vite lasser.
(et quand je dis Austère, ça veut tout dire. Pour moi les films de Bresson et Bergman ne sont pas austère. ça vous donne une idée... gne )

3,5/6.



(*) Murano est une des îles de la lagune de Venise, spécialisée dans l'industrie du verre et où le travail est entièrement artisanal. Je conseille fortement la visite aux amoureux de Venise comme aux curieux ou... aux passionnés d'Herzog, of course ! Wink


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Incident At Loch Ness (Zak Penn - 2004)


Gnuuu ?

Je continue ma mini-rétrospective Herzog, quitte à prendre des chemins détournés. Ce faux documentaire réalisé par Zak Penn (scénariste de Last Action Hero) pourrait bien être un "vrai Herzog-movie", il en a la carrure, la grosse déconnade en plus (et Herzog en est aussi le co-producteur). A la fois pastiche des documentaires modernes à la Michael Moore comme de références cinéphiliques (l'attaque de la bête c'est Jaws de Spielberg presque quasiment repris :mrgreen: ), c'est aussi une très bonne mise en abîme de l'image (on tourne un documentaire sur Herzog qui va tourner un documentaire sur le monstre du Loch Ness, les deux se mélangeront étrangement en un même creuset) où le cinéaste accepte de jouer avec son image en en rajoutant parfois des tonnes. On le voit donc livrer des anecdotes réelles sur les tournages d'Aguirre et Fitzcarraldo (images des films à l'appui) tout en livrant des réflexions parfois hallucinantes (notamment sur le lien reliant les américaines obèses aux OVNIs, énorme ! Shocked :mrgreen: ) et des actions sensiblement inutiles (la vieille pratique russe, la cuisine des Yuccas... :mrgreen: ), juste histoire d'ajouter encore plus d'eau au moulin à mythe qu'on a forgé sur son nom et ses films. Evidemment, on ne rentrera pas forcément dans le film surtout si on le prend comme un vrai documentaire alors que dès le départ, tout est fait pour nous montrer indirectement que c'est plus un énorme hommage déguisé tant à Herzog qu'à ses films, sa carrure et... le cinéma horrifique. Moi je l'ai pris pour une vraie poilade et je me suis franchement bien marré (quand même, on évoque last action hero, swat et parfois des séries B complètement inconnues, ça aurait dû mettre sur la voie).

5/6. Very Happy :mrgreen:


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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Ven 9 Avr - 17:11

Travelling into Herzog's movies, suite. Smile


Rescue Dawn (Herzog - 2007)



Curieux film que celui-ci. A la fois pur film d'action américain comme pur film d'Herzog où le cinéaste délivre des images de toutes beautés. Ici les maîtres mots sont sobriété et intensité. Sobriété de la musique de Klaus Badelt dont le mixage n'est jamais tonitruant, comme si la musique faisait partie des bruits du vent ou soulignait les cadrages magistraux de paysages du cinéaste, ses petits plans contemplatifs (moment magique où Steve Zahn --aussi bon que Bale-- touche des feuilles et des fleurs qui se referment d'un coup. James Cameron, paye tes références dans Avatar. sifflote gne). Sobriété du travail des couleurs où le cinéaste isole le vert, le rouge, le bleu en autant de tableaux saisissants de sa passion pour l'homme dans un terrain connu comme de ses obsessions sur la folie, l'absurdité ou l'isolement. Il faut voir ce plan de Bale sur un rocher (une reminiscence à la Caspar David Friedrich ? Il y avait aussi des plans similaires dans Coeur de Verre entres autres qui confirmaient l'intuition de Lotte Eisner, à savoir qu'il y a un profond romantisme chez Herzog) qui attend vainement des secours qui ne viendront jamais à ce moment. Ou qui, bêtement, lui tireront dessus au moment où ils les espérait avec ferveur. Intensité des jeux de Bale et dans une moindre mesure Steve Zahn, aussi impressionnant que mister Christian. Par contre, Jeremy Davies confirme qu'en dehors de Lost où il est plutôt bon, il est aussi pénible que dans le Solaris de Soderbergh (où je me suis souvenu que j'avais envie de lui en foutre une). Intensité des rares scènes d'action qui surgissent toujours à l'imprévu, fugacement mais avec une sournoiserie et une brutalité impressionnante. Ici, pas d'accélérations, de ralentis, d'effets de montage ou autre, du cinéma posé, à l'ancienne, qui fait rudement plaisir. Je n'attendais rien de ce film qui finalement me ravit assez. Very Happy
5/6.
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Lun 19 Avr - 13:33

Derniers mots (Herzog - 1967)


Un petit court-métrage d'Herzog (disponible dans les bonus des coffrets Opening), alors qu'il est en repérage en Crète pour tourner son premier film, Signes de Vie. 13 minutes où semblent curieusement réunies toutes les thématiques et obsessions du réalisateur à venir, tel que l'isolement (le vieil homme seul sur son île), la folie (à l'image des bateaux que le vieil homme s'était dessiné sur les murs, mais aussi les répétitions de phrases qui laissent à penser que toute la population est complètement crétine et que finalement seul ce vieil homme reste le plus lucide), la mort (l'île était un mouroir pour les lépreux) et une certaine forme d'humour pince-sans-rire. Avec un noir et blanc superbe et des images contemplatives de l'île, on aimerait bien que le voyage dure plus longtemps et ce court-métrage se révèle alors trop court pour le spectateur ravi.

Arrow Chronique du court-métrage dans le dossier Herzog sur DVDClassik.
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Mar 20 Avr - 20:03

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans. (Herzog - 2009)



Le film serait sous-titré "bienvenue chez les freaks" qu'il ne m'aurait pas plus gêné que cet "escale à la Nouvelle Orléans" volontairement ajouté pour montrer la différentiation volontaire avec le Ferrara qu' Herzog d'ailleurs se défendait d'avoir vu dans un truc glané quelque part. C'est vrai que mis à part le personnage du flic constamment dopé, il n'y a même plus de point commun. Herzog se fout même royalement (c'est génial, on a viré des réalisateurs du tournage pour moins que ça :mrgreen: ) de la pseudo intrigue policière à l'instar de ce plan jouissif où Nicolas Cage (qui a la niaque formidable là-dedans. Hâte de le retrouver pour Kick-ass bientôt) conclue un pacte avec le gros bonnet local en parlant plantation tandis qu'à l'arrière les hommes de main se débarrassent d'un corps en le jetant dans le fleuve. Laughing

Tout le film porte bien la patte d'Herzog même si on pourrait penser que pour le coup, bien plus que pour Rescue Dawn, le réalisateur se force à faire ses plans décalés qui n'appartiennent qu'a lui. Des moments où les iguanes chantent et où l'âme du mort danse (moments bien trippants :mrgreen: ) semblent presque plus que bienvenus, limite gratuits et détonnent bien plus qu'un plan d'enterrement façon Bayou (avec crachat de whisky) ou celui (que je trouve formidable pour le coup) du crocodile renversé sur la route. D'autant que ce dernier fait suite où l'on voit un petit croco décider de ne pas emprunter la route en voyant le corps du grand, mort sur la route. Limite j'aurais envie de dire qu'il faudrait voir ce film pour un mini-plan comme ça qui me touche perso.

En fait, à part dans Coeur de Verre, c'est bien la première fois qu'on a des visions clairement montrées à l'image chez Herzog. Aguirre rêvait bien de son royaume, tout comme Woyzeck de la nature et de la terre, mais c'était des paroles, des visions internes aux personnages qui nous donnaient surtout à voir mentalement la démesure qu'ils portaient en eux dans un monde qui les confinait. Ici, l'impact du film navigue entre la grosse blague sympathique et un film étrange qui tient plus lieu d'une sorte de documentaire sur un flic complètement camé. Et c'est sans doute plus en ce sens qu'il faut voir le film, dans cette prestation presque Kinskienne (sauf que Kinski vivait véritablement les choses là où Cage les joue. Je doute néanmoins que Cage ait pris de la coke. Kinski lui, en aurait été tout à fait capable...) du personnage principal. Les seconds rôles ne sont pas en reste. Eva Mendes fait du basique mais c'est son rôle qui veut ça et finalement je la trouve assez touchante (quand elle réfléchit sur les marches d'escaliers, quand elle accepte la cuillère). Il y a une sorte de naïveté étrange qui plane sur les personnages et donne à ce film un singulier parfum. Un Herzog étrange (pléonasme mais vous m'aurez compris) mais finalement sympathique. L'affiche complètement foutraque affiche déjà bien la couleur, c'est dire.

5/6.


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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Sam 24 Avr - 19:30

Woyzeck (Herzog - 1979)



1850, dans une petite ville de garnison. Le soldat Woyzeck est un homme simple et tourmenté. Il exerce les fonctions de barbier, et se prête également à des expériences médicales afin de gagner quelques sous supplémentaires. Il n'a d'yeux que pour sa compagne Marie et son fils illégitime. Victimes d'hallucinations, de visions effrayantes, Woyzeck sombre lentement dans la folie. La jalousie l'amènera à commettre un acte insensé...


Après Coeur de Verre, retour à la fibre austère d'Herzog à travers une adaptation d'une pièce posthume du poète Georg Büchner, tournée au pied levé en 15 jours avec un budget réduit. Une sorte de contrepoint au (paraît-il) luxueux Nosferatu qu'il tourne peu avant où il reprend un Klaus Kinski dont les cheveux repoussent à peine. Etrange film que ce Woyzeck où, Herzog évite l'esthétisme sordide qui marque presque toutes les productions de Büchner comme de l'opéra de Berg à la scène. Au contraire, le film choisit l'épure et refuse tout appel à la poésie (excepté l'ouverture et la fermeture, sublimes sur fond de musique à la clochette) afin de créer un mur de rigueur. Du coup, l'absence (...), de toute vision comme de tout épisode contemplatif décevra peut-être plus encore que l'absence du sordide photogénique. Et pourtant, au coeur (de verre) du film, en son noyau même, quelque chose fascine et finit par emporter l'adhésion du spectateur qui sera allé jusqu'au bout. D'abord, l'absence de budget conséquent oblige Herzog à aller droit au but (le film ne fait qu'une heure et quart) et à tracer comme en ligne droite une galerie de personnages restreints et volontairement grotesques en majorité. Tel ce docteur qui force Woyzeck à un régime de pois ou à uriner sur commande pour démontrer une quelconque absurdité de la nature (Woyzeck la personnifie et ses visions sont assez proches de celles d'Aguirre ou Hias dans Coeur de Verre. C'est un possédé, un écorché vif lui-aussi qui ira somme toute jusqu'au bout de son destin) face à la force de la science. Ou le capitaine de Woyzeck, homme gros et frustre, bien trop enfoncé dans ses vêtements. Tous deux traitent le simpliste Woyzeck comme un idiot, un cobaye de leurs volontés. Or Woyzeck malgré sa simplesse d'esprit n'est certainement pas un imbécile.




Ensuite, grâce à la performance de Kinski, qui bien plus que dans Aguirre porte le film sur les épaules. Habité, Kinski l'est entièrement. Dévoué de fond en comble à son personnage d'homme simple qui préfère croire en la nature (les dialogues plus ou moins métaphysiques sont à ce titre proprement sublimes et laissent à penser que Woyzeck semble le seul personnage qui ose raisonner sur le sens de la/sa vie au contraire de ses bourreaux) plutôt qu'en une quelconque rationalisation de la pensée humaine. Kinski est son personnage. Les veines saillent sur son front, il se congestionne ou blêmit, se minéralise aussi, déforme ses muscles au point de paraître écorché au sens propre -- au figuré, ça va sans dire. Ce travail d'autosculpture tétanique...
Spoiler:
 




Enfin parce qu'une fois de plus, Herzog ne juge jamais ses personnages à aucun instant, échappant à toute idée de pathos ou de morale, poussant les personnages à l'absurde à l'instar de la fin du film, que Herzog livre en deux plans fixes, étirés. Woyzeck est, le générique le montre assez bien, un pauvre diable écrasé dès le début par quasiment tout le monde. A son entraînement, par son supérieur, par un docteur, par un soldat... Un pauvre diable qui pense, qui pense même trop comme le lui repprochera ses "geoliers". Et voilà bien tout le drame qui est livré où le cinéaste s'efface (sans doute parfois trop) derrière le texte de Büchner.

En l'état, voici un film d'un parfait ascétisme, d'un hermétisme qui pourra au premier abord en décourager certains. Mais au prix du visionnage, des moments ressortent et finissent par planer sur l'esprit, livrant là un film dur mais néanmoins des plus intéressants.

4/6.








Toutes les citations en italique sont tirées du livre "Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982. Very Happy
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Ven 30 Avr - 8:39

Ennemis intimes (Herzog - 1999)




"Il y a eu des problèmes avec Klaus Kinski qui interprète Aguirre. Kinski, tout le monde le sait, est un hystérique, et c'est peut-être l'acteur le plus difficile du monde entier. Un jour, sur scène, il a failli tuer un autre acteur. Dans une autre pièce, un acteur ne faisait pas exactement ce que voulait Kinski; alors, il l'a poignardé si furieusement avec son épée de bois que le pauvre homme en a eu pour trois mois d'hôpital. Sur le tournage, Kinski avait l'habitude de m'insulter tous les jours pendant deux heures. Il criait d'une voix aiguë devant tout le monde. Et c'était très drôle, parce que je restais silencieux. Et les indiens avaient très peur, ils chuchotaient, ils se serraient les uns contre les autres, les épaules voûtées. Vers la fin du tournage, ils m'ont dit : "Nous avons peur, nous avons toujours eu peur, mais pas de ce fou de Kinski qui hurle tant". Ils avaient peur de moi parce que j'étais silencieux."
("Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.)


[justify]Huit ans après la mort de Kinski, Herzog décide de tourner un documentaire sur leur relation d'amour/haine. Les rapports avec le personnage à la fois égocentrique, monomaniaque, mégalomane et décalé ne manquent en effet pas de piment et les anecdotes affluent à la fois sur le tournage des 5 films issus de leur fructueuse collaboration (dont deux œuvres magistrales comme Aguirre et Fitzcarraldo) comme des moments hors-tournages, Herzog ayant pris l'habitude parfois de retrouver le regretté acteur pour des festivals entres-autres. De bout en bout, on reste subjugué par l'étrange complicité qui unit son réalisateur et son acteur. La réalité est complètement dépassée par la fiction, elle sort de ses gonds, d'autant plus quand on voit et comprend à l'écran que tout est quasiment réel. Trop réel pour ne pas avoir une dimension fantastique à l'instar des étranges sensations qui nous ont déjà parcourues dans de nombreux films d'Herzog. Comme ce plan final, inoubliable d'un papillon qui ne veut pas quitter Kinski et d'un acteur, enchanté par cet invité, qui fait mine de poser devant la caméra avec le petit insecte éphémère.


"A propos de l'incident dont a parlé la presse à scandales, voici comment les choses se sont passées. Kinski avait insisté pour que je renvoie des gens de l'équipe sans raison. Il les a insultés et a exigé leur départ. Et j'ai refusé en lui expliquant qu'il avait tort, que c'étaient d'excellents techniciens, qui travaillaient très bien. Alors il m'a dit qu'il s'en irait. J'ai répondu que c'était impossible, que je le fusillerais et qu'avant d'atteindre le versant de la rivière, il aurait 6 balles dans la tête. Je n'étais pas armé, mais il savait pertinemment que je l'aurais fait. Alors, il a eu très peur, il a crié "Police, police !" en pleine jungle sans le moindre village à 650 km à la ronde ! Je lui ai fait comprendre qu'il ne me faudrait pas cinq secondes pour décider que le film était plus important que nos sentiments personnels et nos vies privées et qu'il n'en mourrait pas. Je lui ai dit que je supporterais tout, toutes sortes d'humiliations, mais pas cela. Chaque jour, il pouvait le constater, il pouvait voir que pendant des semaines je ne dormais qu'une ou deux heures par nuit. Et il continuait encore à m'insulter. Je restais complètement silencieux et détendu. Je lui ai dit calmement qu'il ne partirait pas, que je mettrais ma menace à exécution, et il savait que j'étais sérieux. Alors, pendant les dix jours qui ont suivi, il s'est comporté très correctement. (...)"
("Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.)

6/6
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Sam 5 Juin - 17:56

Aguirre ou la colère de Dieu (Herzog, 1972).



Vers la fin de l'année 1560, une armée de conquérants espagnols s'engage dans la forêt vierge à la recherche du légendaire Eldorado, la cité de l'or dont parlent les Incas. La fatigue, la maladie, la menace d'attaques indiennes ralentissent la progression des soldats. Pizarro charge Pedro de Ursua d'aller avec une quarantaine d'hommes reconnaître le terrain. Aguirre, un personnage ambitieux et survolté, se révolte, prend la place de Ursua et décide de chercher l'Eldorado pour son propre compte. L'expédition tourne au cauchemar...


"C'est dans un livre pour enfants que feuilletait le fils d'un de ses amis que Herzog a vu pour la première fois le nom de Lope de Aguirre, noble espagnol qui faisait partie des expéditions de Pizarre, et, à la suite d'une scission dont on sait peu de choses, se perdit avec ses troupes, échoua sur on ne sait quel récif du fleuve et de l'Histoire. Cette piste qui se perd et que nul n'a songé à suivre jusqu'à son terme ne pouvait qu'aiguillonner l'attention de l'auteur de Signes de vie et de Fata Morgana."
("Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.)



"Ce n'est pas un bateau, ce n'est pas un arbre, ce n'est pas une flèche..."


Aguirre est le film qui dévoila grandement Herzog aux yeux d'un certain public, lequel avait déjà été bien bousculé par Les nains aussi ont commencé petit. Avec ce film au tournage chaotique (le cinéaste, fidèle à ses méthodes qui mêlent le documentaire à la fiction choisit de tourner quasiment sur les lieux mêmes, livrant des séquences immersives et nullement truquées comme la séquence des radeaux sur les rapides --l'inquiétude se lit véritablement chez les comédiens dont le radeau est bloqué-- ou celle de la montée du fleuve dans la nuit --qui emporta vivres et une partie du matériel de tournage de l'équipe--, choisit délibérément de les inclure dans le tournage), Herzog impose Kinski comme le comédien à même de figurer la démesure s'incarner en un corps.



"Je crois que j'ai des hallus, je vois des bateaux dans la jungle.
_ Reprend un peu d'eau douce, ça va passer..."


Pourquoi Kinski ? Parce que comme l'indique naïvement Herzog alors, Kinski a quelque chose qui se place au-dessus de tout talent, de toute connaissance, de tout professionnalisme, qui est unique mais qu'on ne peut expliquer (*). Ceux qui ont vus le superbe Ennemis Intimes comprennent bien qu'au délà d'un acteur insupportable quasiment (et dont personne ne voulait ou presque), ce que pointe Herzog, c'est bien le talent intuitif de Kinski. Herzog connaissait déjà Kinski depuis un bon moment de fait et savait donc non seulement à quoi s'en tenir, mais aussi, quelles pouvaient être les limites du comédien et il n'est pas interdit justement de penser que si Herzog a fait le choix de Kinski, c'est bien parce que l'acteur était à la démesure et à la folie du personnage.




Ce dernier n'hésite pas à promettre monts et vallées, ou plutôt richesses et merveilles à des soldats fourbus ne rêvant que de gloire pour finir par les emmener sur un chemin de folie où ils ne trouveront que la faim et la mort. Le film même de par son style documentaire (pas de plans fixes, la caméra d'Herzog est toujours en mouvement par la grâce de surprenants plans-séquences --les deux attaques de villages indiens semblent prises sur le vif même--) est un gigantesque témoignage de ce basculement presqu' imperceptible au spectateur, le temps se ralentissant lentement, les hallucinations de soldats miséricordieux gagnant alors lentement le spectateur. Sans oublier la musique de Popol Vuh qui ajoute à cette étrange fascination hypnotique (l'ouverture du film, dans les nappes et sonores, et visuelles de la brume du Machu Picchu donne le ton, inoubliable) et le travail du son (où le silence soudain préfigure chacune des attaques d'indiens presqu' invisibles, incarnations silencieuses d'une nature inquiétante) ou divers sujets (la corruption de l'homme par la richesse, le statut de l'église) qui parachèvent un ensemble prestigieux.

Près de 40 ans (le film fêtera son anniversaire en 2012) après, Aguirre garde son pouvoir de fascination intacte et s'impose comme une oeuvre majeure des années 70 comme du cinéma.

6/6.

Lire aussi l'excellente chronique de DVDClassik. Very Happy Wink



(*) "Werner Herzog" par Emmanuel Carrère. Collection Cinégraphiques, éditions Edilig, 1982.
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Ven 13 Aoû - 15:30

Bruno S, l'acteur d' Herzog dans Kaspar Hauser et La ballade de Bruno est mort le 11 août 2010 à 78 ans. Neutral
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Ven 22 Avr - 16:56

Signes de vie (Herzog - 1968).


Vers la fin de la seconde guerre mondiale, Stroszek, jeune soldat en convalescence, est envoyé avec sa femme en Crête dans la ville de Kos. Avec deux autres soldats il est chargé de veiller sur un dépôt de munitions à l'intérieur d'un château. Le temps passe et chacun essaye comme il le peut de faire quelque chose. L'inactivité sous un soleil de plomb règne. Stroszek sombre lentement dans la folie...




C'est le premier long-métrage d'Herzog mais déjà tout semble à sa place, tout son univers est déjà inscrit en creux et pour un bon moment : l'inaction, la folie, la solitude, la tentation de l'homme de se rebeller contre quelque chose qui le dépasse, le temps qui s'effrite, un filmage documentaire... Pour relier les scènes, la voix-off (qui ressurgira très présente aussi dans Aguirre) qui appuie avec plus de lyrisme désabusé qu'il n'en faut des images pourtant banales. A contrario, quand la voix-off se tait, le silence et les plans contemplatifs envahissent avec magie l'écran livrant parfois de fort belles visions (des rues désertées avec des chèvres qui sortent d'un bus au loin, une plaine immense de milliers de moulins, des poissons dévorant du liège...).




Ces "signes de vie" qu'offre alors la caméra, c'est aussi ce qu'aperçoit le soldat Stroszek en des plans parfois subjectifs ou suffisamment décalés, souvent au ras du sol. Ce pourrait aussi être toutes les petites activités qui bordent la vie inactive et ennuyeuse des soldats, cloîtrés dans cette forteresse, attendant vainement quelque chose. Loin de la guerre, si elle ressurgit encore, c'est bien chez le héros Herzogien qui se laissera aller à sa folie et à ses rêves de grandeur au point de se perdre dans quelque chose qui le broiera inexorablement. Les images sont fantastiques, dans un noir et blanc doux et parfois contrasté que vient souligner l'ambiance sonore décalée du film, entre guitare mélancolique (ça n'en renforce que plus l'aspect grandiosement pathétique de son anti-héros) et bourdonnement inquiétant.




Comme dit Emmanuel Carrère dans un bel ouvrage qui était consacré alors au cinéaste en 1982 au moment de Fitzcarraldo (*), Signes de vie nous conte l'histoire d'un homme qui scrute un paysage, et, en filigrane, l'histoire d'un paysage qui s'empare d'un homme. Cette progression souterraine, insensible, procède par cercles concentriques et aussi par l'éclat même de la lumière. Le film est dévoré par la blancheur. On ne saurait pas si bien dire. C'est écrasés sous cette surexposition que lentement, presqu' imperceptiblement, l'inactivité casse le personnage et c'est à la vue de la blancheur totale d'une "armée" de moulins que Stroszek va défaillir et sombrer définitivement jusqu'a sa chute inéluctable. Pourtant, vite expédiée, ce n'aura pas été celle-ci qui aura intéressé le cinéaste mais un homme au faite de sa propre intensité. Stroszek n'a pas fait la guerre finalement, il a choisi de faire une guerre, coupée du monde humain.

Pour un premier film, Herzog livre un travail saisissant et passionnant.

4,5/6.





(*) Werner Herzog, par Emmanuel Carrère, éditions EDILIG, 1982, p.15. Il semble que l'ouvrage ne soit pas réédité actuellement. Neutral

Arrow Lire aussi l'excellente chro' du dossier DVDClassik.
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Ven 20 Mai - 16:22

Nosferatu, fantôme de la nuit (Herzog - 1979).


Curieusement je préfère la jaquette de la bande originale plutôt que celle du DVD Gaumont.


A wismar, les habitants meurent par centaines : la peste est arrivée sur la ville et avec elle ses morts absurdes. Or, ce qui a propagé l'épidémie n'est autre que le comte Dracula, puissante créature maléfique qui vient de s'installer dans une maison vide de la ville, juste en face des époux Harker. Seule Lucy pourra sans doute arrêter le monstre en se sacrifiant...


J'ai longtemps repoussé le visionnage de ce film, ayant peur de me retrouver face à un énième remake (ma plus grande hantise) qui n'apporterait pas grand chose au mythe de Nosferatu apparu chez Murnau mais grandement inspiré du Dracula de Bram Stocker (un de mes livres de chevet). Mais dans le même temps je me doutais bien que le style d'Herzog, toujours à part, empêcherait clairement une simple reprise sans âme des motifs lié aux suceurs de sang.

Sans être une totale réussite à mes yeux, le film demeure pourtant des plus fascinants, nécessitant d'y revenir régulièrement avant de l'apprécier, la première fois constituant déjà en elle-même quelque chose d'étrange. Parce qu'ici, même si vous avez déjà passés le pont, les fantômes sont depuis longtemps déjà venus à votre rencontre. Ce que je vais dire dans ma chronique risque de faire un peu de redite par rapport à la chronique du film sur le site mais bon...

Déjà, et c'est le plus étonnant, nécessitant du spectateur un petit temps d'adaptation (certains détesteront d'ailleurs le film à cause de ça, la chronique de Classik le disant clairement), le film est un hommage pleinement revendiqué au muet et spécialement au film de 1921. Cela passe par les postures et gestuelles des acteurs qui, tendues, ralenties d'une seconde, opérant un surjeu et créant un décalage, comme si le passé revenait vers nous. Troublant. D'autant plus qu'Herzog cite à de très nombreuses reprises le film de Murnau, reprenant le même plan quand une infime variation n'a pas lieu.




Puis, il faut souligner aussi plusieurs points importants qui contribuent à l'ambiance si particulière de ce film. Déjà, outre Klaus Kinski, on trouve alors pour la première fois chez le cinéaste, des acteurs connus (Adjani, Bruno Ganz), voire pour le folklore, des comédiens ayant déjà joués chez lui (l'assistant de petite taille à la fin par exemple) quand ce n'est pas des invités de passage qui ajoutent à l'outrance ou au décalage (Roland Topor en fait trop sur ce film je trouve...). Et puis, la dimension sonore ensuite. Comme pour de nombreux autres films d'Herzog on retrouve le groupe Popol Vuh à la musique mais l'utilisation qu'en fait le cinéaste s'avère des plus restreintes. Dans la bande originale (d'une grande beauté), on a près de 14 morceaux tous aussi passionnants oscillant entre folk et transe psychédélique avec des pointes d'ambiant. Pour le film, Herzog ne reprend que 2,3 morceaux tels que le Brüder des Schattens (qui devient un thème principal-leitmotiv réutilisé un peu à outrance mais qui fonctionne parfaitement) ou le Höre, der du wagst (pour les quelques moments de complicité du couple Harker). Certaines textures sonores ressurgissent même d'Aguirre curieusement, ce qui n'est peut-être pas si étonnant quand on y réfléchit.




Car le film est autant dans la continuité de la filmographie d'Herzog que du romantisme pictural allemand auquel il renvoit. Adjani qui regarde les navires à la fenêtre, comment ne pas y voir un contrechamp de la femme à la fenêtre de Friedrich (le reflet des voiles de navires est particulièrement visible à la fenêtre) ? Le jeune Harker se reposant à flanc de montagne ou de falaise, comment ne pas penser au berger Hias de Coeur de verre qui semble dominer le monde. Et cette brume qui ressort de la solitude de l'homme face à la nature aussi bien chez Friedrich que Herzog... D'autant plus qu'esthétiquement, la photographie du film est aussi belle que celle de Coeur de Verre, créant d'étranges tableaux à l'écran.



A droite, Femme a la fenêtre, 1822, Caspar David Friedrich. On peut le trouver en évidemment plus grand par ici.




Jonathan Harker se reposant sur les pentes (à gauche), Hias sur la montagne dans Coeur de Verre (milieu), Moine au bord de la mer -1808,1810- Caspar David Friedrich (en dessous).
Pour en voir une meilleure version, plus grande, c'est par ici.


Et puis, outre le fait qu'Herzog s'approprie totalement le matériau d'origine afin de le faire totalement sien (en plus des nombreux détails inhérents au film de 79 qui ne sont pas dans celui de 21, la fin change radicalement en apportant une surprise glaçante), il faut noter que sa vision de la créature (le nosferatu) se charge d'une profonde empathie. Chez le cinéaste traitant de la solitude comme de la folie humaine, on pouvait s'attendre à prendre de pitié le vampire et c'est d'ailleurs ce qui se passe. Ce magistral tour de force nous fait amplement comprendre l'enfermement d'un être au délà des siècles et cette chaleur humaine, cet amour, sentiment ô combien trop humain, qu'il se plaît alors à espérer. Nosferatu devient dès lors une créature pathétique et terriblement bien plus humaine qu'on pouvait s'y attendre au sein de ce film étonnant et passionnant.



4/6.
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Mar 21 Juin - 8:51

Quand Werner Herzog raconte une histoire pour les enfants ça donne ça.



Very Happy

Vivement une histoire pour les enfants par Michael Bay (comment ça, y'a déjà Transformers ? :mrgreen: ).


Et sinon comme c'est pas facile d'être awesome tous les jours quand on s'appelle Werner Herzog, on en arrive même à se faire shooter dessus par les snipers à L.A durant une interview pour la promotion de Grizzly man.





Shocked
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   Mar 21 Juin - 8:54

Dans la vidéo :

Citation :
"it's not a significant bullet"

Herzog, c'est comme Chuck Norris, la mort, connais pas. Shocked Suspect
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MessageSujet: Re: Werner Herzog against the world.   

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