Ok. Here is mine.

David Bowie -
heathen.
Pour sa chanson-titre bien sûr, écrite peu après le 11 septembre 2001 et marquée par la noirceur terrible du moment mais aussi pour tout le disque, mélancolique et étrange, étouffé et dynamique. Heathen se dévoile lentement après plusieurs écoutes pour devenir un ami bien plus fidèle qu'on aurait pu le croire.

Camille -
le fil.
Un pari étrange, un fil tissé en ligne rouge, qu'on déroule lentement dans la toile de fond d'un album qui semble bricolé entre quelques amis. Sous la forme empruntant à la pop comme au jazz, des paroles à la fois abstraites et étranges que n'auraient pas renié le Bashung de
Fantaisie militaire ou
L'imprudence.

Daft Punk -
Alive 2007.
Ce rythme obsédant... Mais comment pourrait-on dire mieux ?Le live qui en a surpris plus d'un. Où comment, en allant plus loin que le live précédent (une improvisation de près de 45 minutes partant de la structure de base de "da funk"), les daft choisissent de fusionner de nombreux morceaux ensemble. Pari risqué, défi casse-gueule. A l'arrivée, une jouissance qui démontre que les machines ne sont pas si froides que ça.

The arcade fire -
Funeral.
Le dark side of the moon des années 2000, LE disque fédérateur que tout le monde aime pratiquement et à juste titre. Lyrique, sensible, doux, dynamique, valsant... On ne saurait quoi dire vraiment de ce disque tellement tout semble y être inscrit. Et même si vous vous en lassez (est-ce possible ?), il y aura toujours LA chanson qui vous y replongera (moi c'est
Crown of love).

Alain Bashung -
L'imprudence.
Plus grand disque français des années 2000 ? J'assume. Le plus noir aussi. Totalement. De toutes façons quand on voit "
le dimanche à Tchernobyl" dans la trackliste, avant même d'avoir mis la galette dans la chaîne, on sait qu'on y échappera pas. Et on tombe dedans, dans ce spleen glauque qui convoque autant Baudelaire qu'une musique complètement décalée où le grand orchestre aurait forniqué méchamment avec la guitare. Quand au piano, il fait office de voyeur tandis qu'Alain enregistre les obscurs ébats à côté.

Scott Walker -
the drift.
Ceci n'est pas un disque.
Ceci est l'image d'un disque.
Autant dire que vous allez en baver.
La voilà la bande-son de toutes les terreurs, pas plus, pas moins.
Avec my bloody valentine, les baffles avaient pétées. Ici, c'est votre coeur qui va craquer.
Surtout dans le noir, avec un volume élevé. Trouillomètre garanti.

Dj Shadow -
the private press.
Des grands espaces cinématographiques qu'on parcourt éveillés, une musique improbable et éthérée qui se déploîe et parfois un sens de la dramaturgie étonnante ("
blood on the motorway" et "
you can't go home again"). De la poésie, immense et belle. Ce n'est pas du
Entroducing non, mais ce serait dommage de passer faire la fine bouche sur cette belle pièce montée.

Godspeed you black emperor ! -
Left your skinny fist like antennas to heaven.
Le nom est improbable. Le groupe l'est aussi. Imaginez une bande de bûcherons qui part faire de la musique sans se presser. En résulte des morceaux longs (prog ?) qu'il faut savamment digérer. Et parfois des tempêtes monumentales qui surgissent comme ça ("sleep")...

Interpol -
turn on the bright lights.
Un héritier plus ou moins de Joy Division, surtout au niveau de la voix, la noirceur en moins. Même si je lui préfère "antics", le second album, ce premier essai s'avère largement brillant pour qu'il garde une place chère à mon coeur. On y trouve un peu de tout, de la ballade comme du rock métronomique et dynamique ("
PDA"). Et puis, il y a "
the new", le genre de morceau qu'aurait pu faire Kurt Cobain si il était encore en vie après une dizaine de cds de Nirvana. Un disque de rock juste ce qu'il faut à mes yeux.

Kate Bush -
aerial.
13 ans d'absence depuis "the red shoes" en 92.
13 ans d'absence pendant lesquels on était sans nouvelles de Kate bush.
En fait, elle se consacrait à sa famille et à son fils "Bertie". En vérité, elle était partie se ressourcer au pays des fées pour en revenir grandie et rassérénée. La voix est moins sautillante, plus sereine. Kate à la quarantaine maintenant, elle a traversé beaucoup de choses, connu de belles joies; mais heuresement pour nous, elle n'a pas lâché prise. Et offre un unique disque pour les années 2000, mais quel disque ! Pas étonnant que Björk et plein d'autres l'admirent.
+ 
Radiohead : kid A.
Radiohead : in rainbows.
Le premier, pas besoin d'y revenir je pense. Le second lui est trop récent pour qu'on en ait suffisamment parlé même si on a lu et entendu sans doute une bonne partie. J'y vois là le successeur de Kid A, l'énergie rock des the bends et ok computer en plus et ça, c'est très bien. Mais à l'écoute, quelque chose de nouveau semble arriver : la grâce. Un état d'apesanteur dont on se rapprochait auparavant et qui cette fois, semble atteinte. Le groupe la gardera-t-il ? ça c'est une autre histoire.

Soap&Skin -
lovetune for vacuum.
Une dégaine de cousine lointaine de St-Vincent, l'orage en plus. Des chansons ciselées entre électronique et piano larmoyant et une voix qui oscille entre pleurs, complaintes, tristesse et nuages. Un crève-coeur ? Ben oui... Mais bon, ça y est, on a enfin trouvé la petite soeur à Nico (du Velvet). Et elle ira loin.

M83 -
Before the dawn heals us.
Claviers not dead ! Mais là c'est pas non plus du Vangelis. A la base un duo mais ici, il n'en reste plus qu'un, qui va finir tout l'album seul et magistralement relever la pente. On pense à My bloody Valentine, au noise, mais surtout, ce qui marque, c'est la mélancolie et l'aspect nocturne des chansons. On s'imagine bien en train de faire de l'auto-stop sur une autoroute la nuit avec un ciel bordé d'étoiles, et nous qui attendons dans le froid. Par moment, on vire dans du David Lynch avec un hommage à l'accident de "Sailor et Lula" ("
car chase terror" et sa conclusion "
slight night shiver"), à d'autre, le rock ressurgit brusquement ( "*" ou "
a guitar and a heart") pour disparaître aussitôt. On est même dans du tangerine dream parfois ("
lower your eyelids to die with in")...

Nine inch nails -
Year zero.
Le concept est énorme (une autre réalité sur toile de fin du monde avec la présence d'une entité étrange), la musique n'est pas en reste. On pouvait reprocher des choses (juste ou pas) à
With teeth, l'album précedent, mais ici, Trent Reznor décide de franchir un cran. Musique flirtant avec l'électronique, mixage hallucinant du son, travail des composition comme du packaging de la bête (le disque change même de couleur dans la chaîne hifi en réagissant avec la chaleur

), rythmiques imparables... Merci mr Trent.

Keren Ann -
nolita.
Si seulement j'avais pu mettre du Karen Dalton. Mais Karen a disparu en 1993 et dans mes chanteuses folk, l'album de Joni Mitchell ("shine") même bien reste loin en dessous de ceux qu'elle fit dans les années 70. Et Keren Ann ? Pourquoi elle ? La raison est bêtement sentimentale je l'avoue, je suis son parcours depuis son premier album et je constate d'une part un certain sans-faute, aucune compromission de l'autre (même une certaine générosité en chantant au balcon, sous la pluie peu avant d'aller faire son concert en salle, rien que pour les fans), des hommages au aînés parfois (une reprise de Nick Drake en bonus sur "
not going anywhere"

) et un parcours de plus en plus intéressant. Sur Nolita, elle mêle chansons en français et en anglais avec un quelque chose en plus... une mélancolie que n'avaient pas ses précedents albums. Il faut entendre "song of alice" ou le morceau-titre "nolita" pour s'apercevoir qu'elle a définitivement acquis la mâturité pour se placer parmi les grandes.

Peter Gabriel -
UP.
Ahhh l'ami Peter. Moui... ben.... euh... je laisse d'autres en parler mieux que moi. Mais c'est bien.

Sigur Ros -
( ).
Mon préféré. Moins facile d'accès que
Takk, c'est sûr. Plus hermétique, froid et renfermé sur lui aussi. Complètement coupé du reste du monde, avec cette impression de chanter sous un glacier. Et de ce repli naît quelque chose où ne passe que les reflets de minces volutes de lumière du soleil. Il faut écouter ( ) dans les meilleures conditions pour plonger dans quelque chose de formidablement à part.
bon, j'arrête là. Si y'en a encore à mettre, je rajouterai. Ou pas.
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catégorie : Ils auraient mérités d'y figurer mais...
Tom Waits - Je n'ai pas écouté Alice ni Blood Money ni Orphan encore donc...
Björk - Medulla c'est bien, Vespertine aussi. Mais c'est encore en dessous du choc d'Homogenic. Pour moi Björk est sur une pente descendante, Volta ne fait que me le confirmer...
Eels - Je n'ai pas les derniers donc je laisse à Isha le choix d'en mettre un. Il tarde l'animal d'ailleurs...
Joni Mitchell - Il paraît que Shine est moyen. Donc bon...